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La Presse Québécoise

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DISCOURS DU LAURÉAT DU PRIX CHEVALIER-DE-LORIMIER 2016, MONSIEUR PIERRE DEMERS

AMIS,

Merci d'abord à mon fils Joël pour ses bons mots et merci à mes trois fils qui épousent admirablement ma cause, celle du Québec. Merci infiniment au Président Benoît Roy et aux membres du Conseil du RPS pour ce prix. Je félicite aussi les autres lauréats, je salue les notables présents et tous les distingués invités déjà nommés et vous tous, mes chers compatriotes.

C'est un grand honneur que ce prix au nom du Chevalier de Lorimier, d'autant qu'il se trouve être un noble ancêtre de notre très chère amie Lorraine Dubé, sa fière descendante et inlassable patriote que nous saluons parmi nous ce soir. Applaudissons-la s'il-vous-plaît!

On honore un passé de patriotisme ce soir. Mais c'est l'avenir qui compte. J'invite la relève à saisir le flambeau.

J'encourage les têtes blanches à recruter les blondes, que les générations d'avenir s'impliquent, peu importe la couleur de leurs cheveux... ou de leur peau. Qu'elles soient meilleures encore que celles d'avant ! Qu'elles évitent nos erreurs et dépassent nos exploits. C'est ce que je souhaite ardemment vous transmettre ce soir.

Je salue encore l'engagement de Lorraine Dubé, de mon fils Joël et du jeune Maxime Laporte, pour le français en science, et de notre ami Mario Beaulieu, notamment, qui donnent l'exemple ; et je salue tous les jeunes qui militent déjà. C'est à dire tous ceux qui sont ici plus jeunes que moi !

Vous avez aussi un héritage méconnu devant vous, un trésor  que je souhaite révéler au grand jour.

La dette de l'Ontario envers le Québec.

Moralement, tout le peuple canadien-anglais nous doit son existence, bien sûr ! comme nous devons la nôtre à nos frères des premières nations. Mais je parle ici d'une dette comptable concrète :

Il s'agit des dettes publiques que le Québec a dû éponger lors des changements politiques imposés par le régime anglais.

C'est le Haut-Canada, l'Ontario, qui a emprunté pour développer ses routes, ses ponts et toutes ses infrastructures.

À l'époque la somme imputée au Québec représentait 5 fois son budget annuel. Aujourd'hui, ce seraient 500 milliards de dollars. Selon mes calculs on pourrait parler de billions, des milliers de milliards.

Quoiqu'il en soit, la somme est majeure et n'a jamais été remboursée.

Nous avons financé leur développement. Le nôtre s'est donc trouvé bloqué à l'aube du 20e siècle, en plein essor industriel. On sait que près d'un million de Québécois sont ensuite partis vers les États-Unis pour trouver du travail.

Ils disent que nous n'aurions pas les moyens de fonder un pays ? J'affirme plutôt que nous n'avons pas les moyens de rester dans celui-là !

Que nous soyons nés ici ou ailleurs, nous tous, qui partageons la terre du Québec, nous subirons l'arnaque du Canada tant que notre terre lui restera soumise.

Vous trouverez mes textes et calculs sur la Toile Internet. M. Pierre Corbeil, a produit un ouvrage admirable sur ce sujet. Et Vigile, du remarquable Richard Le Hir, en parle aussi.

Cette affaire était presque oubliée, lors du dernier référendum. Personne n'y a pensé, en 1995, dans tout l'entourage de M. Parizeau !

Il ne faut plus l'oublier. L'Ontario, le Canada anglais, en toute justice doivent nous rembourser.

Comment réclamer ? Je recommande la création d'une commission non-partisane de l'assemblée nationale. J'invite Messieurs Maka Kotto et Mario Beaulieu à piloter ce dossier, M. Landry, peut-être ?

Il faut obtenir cette justice pour les Québécois de demain, pour les aider à construire, justement, leur avenir, notre avenir en tant que peuple, et en tant que pays qui se joindra sous peu au concert des nations.

Merci.